- Chapitre 6 -
Je reste toujours sur lui, à bloquer ses bras avec mes mains, mes lèvres toujours aussi proches des siennes. Je sens sa respiration venir s'écraser contre ma bouche. J'adore ce genre de situation. C'est foutrement excitant. Et Tom qui ne sait toujours pas comment réagir. Je bouge légèrement le visage, de façon à ce que mes lèvres frôlent à nouveau les siennes. Il en gémit légèrement. Je le vois dans son regard. Il en a envie. Et pas qu'un peu. Mais moi j'ai envie que ça soit lui qui vienne. Je n'attends que ça. Je ne veux que ça. Qu'il succombe à nouveau.
Bill : « Alors Tom ? »
J'hausse légèrement un sourcil et je souffle doucement sur ses lèvres. Il abandonne. J'ai gagné. Il se jette littéralement sur mes lèvres et les dévorerait presque. J'en souris. Ma langue passe doucement la barrière formée par ses lèvres et va taquiner la sienne avant qu'il ne participe enfin activement au baiser. Celui-ci est violent et rempli d'envie, rien de plus. Nos langues dansent à n'en plus finir. Je relâche ses mains et celles-ci viennent directement se loger dans mon dos, m'attirant un peu plus contre lui. Notre baiser ne se termine pas. A croire qu'il en a envie ou besoin depuis longtemps. Putain qu'est-ce qu'il embrasse bien. Mes bras entourent son cou et l'une de mes mains se plonge dans ses dreads. Sans faire exprès, je tire un peu dessus et je
l'entends gémir. Gémissement qui se perd dans ce baiser. Tout est bestial. Il n'y a aucune place pour la douceur. Mais je crois qu'il atteint ses limites lorsqu'il se détache pour reprendre un minimum sa respiration. Tom tente tout de même d'emprisonner à nouveau mes lèvres mais je l'en empêche en ne faisant que lécher les siennes de ma langue percée. Il en grogne de frustration avant de se laisser retomber sur le lit. Je suis toujours assis sur son bassin, les lèvres rougies par le baiser que nous venons d'échanger. Je reste le fixer. Il a ses mains sur son visage. Je sens que la remarque ne va pas tarder.
Tom : « Qu'est-ce qu'il m'arrive ? »
Et voilà, j'en étais sûr. Monsieur regrette. Cette fois-ci, j'en ai marre. Je soupire et je vais pour me lever mais il me retient par les hanches. Je dépose mon regard dans le sien en haussant un sourcil.
Bill : « Quoi ? Tu regrettes c'est bon, j'ai compris. Maintenant laisse-moi partir.
Tom : Non.
Bill : Tu sais qu'un seul mouvement de ma part et t'es éjecté je ne sais où dans la pièce ?
Tom : Essayes juste de comprendre mon point de vue. »
Je lève les yeux au ciel. Ça y est, encore un qui veut me proposer sa psychologie d'humain à deux balles. Ils commencent sérieusement à me faire chier ces humains qui ne savent pas ce qu'ils veulent. Il a voulu m'embrasser non ? Je ne l'ai pas forcé. Enfin on va dire que je l'ai poussé à le faire mais rien de plus.
Bill : « Quel point de vue ? Le fait que tu ne comprennes pas ce qui t'a pris c'est ça ? Le fait que tu voulais me tuer, que tu devrais le faire. Sauf que je t'ai sauvé la vie hier soir, que je t'ai soigné et que là sans réellement comprendre pourquoi t'as eu une envie irrésistible de m'embrasser. Et maintenant tu ne sais plus où tu en es. C'est ça que tu veux m'expliquer pas vrai ? »
Tom semble limite choqué par mes propos. Oui je sais je vise juste à chaque fois avec lui. Et je n'ai même pas besoin de... Quoi encore. Je le vois froncer les sourcils. Ah non, il va pas croire ça quand même !
Bill : « Non, je n'ai pas lu dans tes pensées. Je te le répète, toi tu n'es pas aussi faible que les autres.
Tom : Si tu le dis. Par contre, ça prouve donc que ce n'est pas la première fois que tu vis cette situation. »
Oh putain qu'il m'énerve ! Si moi j'arrive à le comprendre aussi vite, c'est exactement la même chose avec lui ! Je soupire d'agacement avant de définitivement descendre de sur lui. Je reste assis sur le bord du lit et lui s'assoit à son tour.
Tom : « J'ai raison ?
Bill : La ferme...
Tom : Alors c'est vrai.
Bill : Je t'ai dis de la fermer ! »
J'ai beaucoup trop haussé le ton et me suis retourné rapidement. Je vois le visage de Tom se déformer par la peur. Il a croisé mes yeux. Il n'aurait jamais du. Mes yeux sont rouges, couleur sang. C'est toujours comme ça quand je m'énerve et parler de ça ou bien me sentir autant à découvert devant lui m'énerve. Il s'est reculé sur le lit et a instinctivement porté sa main à son cou. Je vois, mes crocs sont aussi de sortie. Je soupire légèrement et prends une grande inspiration histoire de me calmer. Je baisse le regard et fixe ma main accrochant le drap.
Bill : « Tu devrais y aller. Le jour est levé, tu ne devrais pas avoir de problème.
Tom : Non je...
Bill : Il vaut mieux que tu partes Tom. Crois-moi ça vaut mieux pour toi.
Tom : Non. »
Je suis surpris par la fermeté dans sa voix. Je relève les le visage pour croiser son regard. La peur est partie. Peut-être que c'est parce-que je me suis calmé et que mon apparence est plus... Présentable on va dire.
Tom : « Je ne partirai pas tant que tu ne m'auras pas dis pourquoi tu m'as sauvé.
Bill : Prépare-toi à rester longtemps ici dans ce cas. J'ai pas vraiment l'intention de parler de ça.
Tom : Bill, je te le demande. J'ai besoin de savoir. Je n'ai pas envie de me dire que tu es comme tous ces autres vampires qui tuent juste pour le plaisir et que tu aurais pu tuer ma...
Bill : Ta copine ?
Tom : Ouais.
Bill : Ecoute, j'en sais rien. Je ne sais pas pourquoi je t'ai sauvé. Sans doute parce-que j'ai été obligé de te mordre pour que Takkara te foute la paix et que j'ai un peu trop profité de ton sang d'ailleurs. Et je tue plus les femmes en général. Elle était comment ta copine ? »
Tom baisse le regard comme peiné de ce que je viens de lui avouer. Il se penche au-dessus du lit pour attraper son baggy. Il en sort son portefeuille et en retire une photo qu'il me tend d'une main tremblante. Je l'attrape du bout des doigts et je la regarde plus attentivement. Tom en compagnie de sa copine, dans les bras l'un de l'autre. Ils avaient vraiment l'air heureux. Plus que ça même, amoureux. Je détaille alors le visage de la jeune fille. Brune, pas trop grande, fine, un sourire attendrissant. Je ne peux m'empêcher de passer un doigt sur la photo, sur son visage à elle comme si je souhaitais le caresser. Non. Je n'ai rien fait à cette fille. Je rends alors la photo à Tom et lui se met à caresser le visage de la jeune femme tout en tremblant légèrement. Je soupire en me disant qu'il est vraiment inconscient et qu'on doit tout lui faire pour qu'il reste en vie. Je prends la couette et la met autour de son corps.
Tom : « Tu n'as pas froid toi ?
Bill : Je te rappelle que mon corps est déjà mort. Pourtant tu aurais du t'en rendre compte tout à l'heure, rien qu'en sentant mes lèvres contre les tiennes. »
Il en rougit légèrement. Ça aurait pu être mignon si je ne trouvais pas ça aussi pathétique. Je ne vois pas pourquoi il rougit. Ce n'était qu'un baiser. Un putain de baiser en y repensant. Je me rapproche alors de lui et je m'adosse à la tête de lit. Tom n'a pas quitté sa photo des yeux.
Bill : « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Ce soir-là.
Tom : Quand elle est morte ?
Bill : Oui. »
Je l'entends respirer un grand coup. A mon avis, il n'a pas du raconter ce qu'il s'est passé à beaucoup de monde. Voir à personne en fait. Beaucoup de personnes ne veulent pas reconnaître l'existence des vampires. Alors je l'imagine mal raconter ça à un inspecteur de police lors d'une déposition.
Tom : « Ça s'est passé il y a deux mois. J'étais parti travaillé comme toutes les nuits dans cette fameuse discothèque. Je l'avais laissée pour la première fois seule dans l'appartement que nous venions de louer pour enfin vivre ensemble.
Bill : Je vois, le parfait petit couple.
Tom : On peut dire ça comme ça. Sauf que cette nuit-là, je suis rentré plus tôt. Une bagarre avait éclaté et je m'étais pris un mauvais coup en essayant de la stopper. Je suis donc arrivé à l'appartement. Mais à peine rentré, j'ai senti que quelque-chose clochait. Déjà la lumière était restée allumée alors qu'elle bossait le lendemain. Je suis arrivé dans le salon et là je les ai vus. Enfin je l'ai vu lui en train de la tuer. J'ai juste eut le temps de lui dire d'arrêter qu'il était déjà parti en brisant l'une des vitres et en sautant par celle-ci. De lui, je n'ai vu qu'un costume d'époque. Enfin de ce que je m'en rappelle. Enfin on avait l'impression qu'il était habillé comme un aristocrate. »
Je ne réponds rien. Je fronce juste les sourcils. Quel vampire pourrait avoir envie de s'habiller d'une telle manière encore aujourd'hui ? C'est totalement stupide ! Surtout qu'il pourrait se faire remarquer n'importe où. A moins que le vampire en question soit enfin sorti de son sommeil après pas mal d'années. Mais je ne vois pas quel vampire cela peut-être. Je sors alors de mes réflexions en écoutant la suite.
Tom : « Je me suis précipité vers la fenêtre brisé voulant voir s'il était mort en sautant mais j'ai été surpris de le voir... Voler. Oui il volait. »
Là, j'ouvre les yeux de stupéfaction. Non, ce n'est pas possible. Il y a très peu de vampire qui volent. Ceux qui peuvent le faire sont des vampires au sang pur. Et il y a... Non, ce n'est pas possible. Il est mort. Je l'ai tué. Mais je... Non, impossible.
Tom : « Puis je l'ai entendue. Emmy. Elle avait prononcé mon nom. Je me suis précipité vers elle. Son cou ruisselait de sang. Il y en avait partout et... Je me suis agenouillé près d'elle et ses dernières paroles ont été de me dire qu'elle m'aimait. Elle est... Elle est morte dans mes bras. J'étais totalement impuissant alors que j'aurai donné ma vie pour elle et...Plus tard, j'ai appris qu'elle était enceinte. On allait avoir un enfant elle et moi mais... Et puis ces flics qui ne me croyaient même pas. Personne ne me croyait quand je parlais de vampire. Mais j'avais reconnu cette blessure. Alors j'ai décidé de...
Bill : (le coupant) De te venger par tes propres moyens. »
Il me fait un signe positif en hochant la tête. Sa main libre vient essuyer la larme qui dévale sa joue. Je détourne le regard. Je me sens... Bizarre. Non, normalement je devrai vraiment trouver ça plus que pathétique mais là, il n'en est rien. J'ai comme de... De la compassion pour lui. C'est pas un sentiment humain ça normalement ? Je ne sais plus. A vrai dire, ces sentiments je ne sais même plus ce que c'est. Je suis une nouvelle fois sorti de mes réflexions en sentant le matelas bouger. Il ramasse précieusement sa photo dans son portefeuille.
Bill : « Je suis désolé. De tout ce qui est arrivé.
Tom : Ne mens pas tu sais. Après tout, tu ne l'es pas pour les personnes que tu tues.
Bill : Tom... Je ne vais pas me répéter. Tu sais que j'en ai besoin.
Tom : Ben tu peux pas faire comme dans les films là ? En allant à l'hôpital ou j'sais pas moi.
Bill : Hey on n'est pas dans Buffy hein ! »
Cette remarque a au moins le don de détendre l'atmosphère. Allez savoir pourquoi.
Tom : « Bill ?
Bill : Mmh ?
Tom : Pourquoi tous ces vampires me veulent moi ?
Bill : Aucune idée. Pourquoi tu n'as confiance qu'en moi ?
Tom : Je n'ai pas confiance en toi. Je te dois la vie.
Bill : Et t'en profites pour m'embrasser. »
Il va pour répliquer mais je le force à se rallonger, moi à côté de lui. Il se débat mais laisse tomber très rapidement. Je mets la couette tout comme il faut au-dessus de nous. Je viens lui murmurer quelques mots à l'oreille.
Bill : « Maintenant tu te reposes. T'en as encore besoin. Cette nuit, je t'accompagne à ta discothèque. Takkara y sera sûrement. J'ai quelques renseignements à lui demander. Je te réveille tout à l'heure. »
Tom ne répond rien mais ne bouge pas pour autant. Parfait. Je peux enfin m'endormir pour terminer ma nuit en sentant la chaleur du corps de Tom s'infiltrer dans ma peau si froide.[ On en sait enfin un peu plus sur ce qu'il s'est passé pour Tom. ^^ J'espère que ça vous attire toujours autant et que ça vous intrigue aussi. Bref j'attends vos avis avec impatience. ♥ ]Suite de mes autres fics aussi...